Découverte de l’Ethiopie

L’ETHIOPIE, 13 MOIS DE SOLEIL
dimanche 25 janvier 2009
par Webmestre
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L’ETHIOPIE, 13 MOIS DE SOLEIL

« Éthiopie » résonne aux oreilles de beaucoup comme « famine » et « terre brûlée de soleil ». Sans nier ce triste phénomène endémique, la réalité est tout autre : le pays est grand ; l’altitude fait varier les paysages ; la pluie, dans certaines régions, est parfois même très abondante. N’oublions pas que le Nil fertilisait l’Égypte chaque année grâce aux pluies éthiopiennes ! Le relief L’originalité physique de l’Éthiopie repose sur trois caractéristiques essentielles :
- la haute altitude : la moitié du pays est à plus de 1 200 m au-dessus du niveau de la mer, le quart se situe à plus de 2 000 m et 5 % au-dessus de 3 500 m. Peuplement et exploitations agricoles s’arrêtent aux environs de 4 300 m. Le Ras Dashen, dans les monts Siemen, culmine à 4 620 m.
- le profond découpage du relief : des vallées encaissées de plus de 1 000 m séparent plateaux et massifs des hautes terres. Les grands fleuves, comme l’Omo ou le Nil bleu, forment de véritables barrières ethniques, linguistiques et même climatiques.
- la persistance des mouvements tectoniques : ces mouvements, entamés à la fin de l’ère secondaire, se sont amplifiés à l’ère tertiaire, donnant naissance à un rift que l’on suit depuis la dépression Afar aux frontières de Djibouti, jusqu’à la plaine de l’Omo. JPEG - 24.7 ko

L’hydrographie

L’Éthiopie possède avec son réseau hydrographique un potentiel énergétique important. Il n’est pas exagéré de dire que l’Éthiopie est un « château d’eau ». Le plus connu d’entre ces fleuves est le Nil bleu (ou Abay). Ses eaux limoneuses sorties du lac Tana rejoignent le Nil blanc à Khartoum. Les fleuves Wabe Shebele et Ghenale (Juba en Somalie) se dirigent vers l’Océan Indien, tandis que l’Omo et l’Awash alimentent deux lacs frontaliers : le Turkana et l’Abbe respectivement.

Les précipitations

Le haut pays reçoit des précipitations suffisantes pour une agriculture sans irrigation. Les trop célèbres famines sont dues aux irrégularités quantitatives d’une année sur l’autre ou à l’arrivée trop précoce ou trop tardive des pluies. Le sud-ouest est la région la plus arrosée du pays, avec plus de 2 000 mm d’eau par an, permettant la culture du café. La dépression Afar ou Danakil et une partie de l’Ogaden constituent les régions sèches : moins de 200 mm par an. Les pluies très fortes, sous forme d’orages, entraînent une érosion importante du sol, surtout dans les hauts plateaux.

Addis-Abeba, capitale de l’Éthiopie

Située dans la province du Shoa, dans une zone de hauts plateaux et à une altitude variant de 2 300 à 2 800 m, la capitale jouit d’une température moyenne annuelle de 16°. Les précipitations, 500 à 1 000 mm d’eau par an, sont très variables selon les années. La végétation se compose de prairies et de forêts d’eucalyptus. C’est le Dega, zone de grandes cultures céréalières et de l’enset (bananier stérile).

Le soleil brille souvent, sauf pendant les deux saisons des pluies (une petite en février, une longue de mi-juin à mi-octobre). Les nuits restent fraîches : en décembre et durant la saison des pluies, le thermomètre peut descendre la nuit aux environs de 5°. On ne dîne jamais dehors ! Un dicton veut que « chaque jour, on connaisse les quatre saisons : l’hiver le matin, le printemps vers 10 heures, l’été entre midi et 15 heures, l’automne un peu plus tard. » La ville est très verte avec ses eucalyptus, ses palmiers, ses fleurs… Vous aurez un jardin potager presque comme en Europe (n’oubliez pas d’apporter des semences). Les artères principales sont correctement goudronnées, ce qui n’est pas toujours le cas pour les voies secondaires. Il n’y a pas, à proprement parler, de quartiers résidentiels.

Le tourisme en ville est limité : quelques églises typiques, le Mercato (plus grand marché d’Afrique), le Musée national, le musée ethnologique à l’Université et les hauteurs d’Entoto. Les galeries d’art, l’atelier des potières de Kechene méritent le détour.

LA CUISINE ETHIOPIENNE

Les secrets de la cuisine éthiopienne résident dans l’utilisation abondante de condiments savamment associés et de beurre fondu. C’est en combinant, séchés et longuement mis en poudre dans de grands mortiers en bois, plusieurs de ces condiments que l’on prépare les sauces qui accompagnent viandes, poissons et légumes (wat). Ces mets sont dégustés avec de l’injera, sorte de crêpe préparée avec la farine d’un mil particulier : le teff.

On mange en famille, avec la main droite, au même grand plat posé sur un guéridon de vannerie brillamment décoré (messab). Occasionnellement, on use de cuillères en corne ou en bois ciselé, de couteaux recourbés.

La clé des condiments
- berbere combinaison de poivron rouge et de quelque dix épices
- korerima cardamone
- besobela basilic
- abseh le fenu grec des Anciens, tonique
- dembelal coriandre
- ird safran
- netch shenkourt ail ou oignon blanc
- sel gemme en barres extraites du gisement du désert Dabakil, servit de monnaie au cours de longs siècles
- tiennadam santé de l’homme, appelé « rue » dans les pharmacopées antiques
- hell utilisée pour parfumer le thé
- kamoun cumin
- qourenfoud clous de girofle
- qerefa petits oignons (échalotes)
- zingibel racines fraîches de gingembre ;
- senafetch graines de moutarde
- tekourazmoud cumin noir
- gomman-zer graines de chou éthiopien
- netch azmoud cumin blanc
- mitmitta piment fort
- qoundo berbere poivre noir
- tosegn thym ou serpolet
- temmeze bourgeons de pin

La cuisine éthiopienne ne présente pas de plats sucrés ; le miel ne sert guère que fermenté sous forme d’hydromel (tej).

LE TOURISME EN ETHIOPIE

Jusqu’à la fin de 1991, le tourisme était sous le contrôle d’un organisme d’état : National Tour Operation Ethiopia (NTO), face au Stadium ou à l’hôtel Hilton.

Depuis 1991, les agences de tourisme privées se sont multipliées. Il est actuellement aisé de se déplacer dans toute l’Éthiopie, tant en voiture que par avion.

Le Nord

Les églises monolithiques de Lalibela Les douze églises sont creusées dans le tuf volcanique et sont, pour la plupart, entièrement prise dans les roches. Quatre d’entre elles sont réalisées en un seul bloc (monolithe), leur socle restant enraciné dans la roche mère. Plutôt que « construite », l’église est excavée, taillée et travaillée sur ses façades extérieures et intérieures.

Gondar

Ancienne capitale de l’Éthiopie (XVIIe et XVIIIe siècles), Gondar se situe à 50 km au nord du lac tana. La civilisation gondarienne, luxueuse et fastueuse, étonnera plus d’un voyageur. Aujourd’hui, vous pourrez visiter près d’une dizaine de châteaux, carcasses vidées et endommagées par les guerres, où il ne reste rien des étoffes, miroirs et mosaïques, mais qui demeurent passionnantes malgré tout, ne serait-ce que par leur présence en Afrique. Vous ne manquerez pas de visiter la « chapelle Sixtine » éthiopienne : l’église Debre Berhan Selassié, à quelques minutes du centre de Gondar. L’intérieur est une merveille de l’iconographie éthiopienne. La voûte est couverte des célèbres anges de Gondar. L’hôtel Goha (chaîne Ghion), perché sur un piton, est superbe. Malheureusement, comme dans toute la ville, l’eau est rationnée, et de ce fait, la piscine est vide. La ville ne manque pas d’hôtels : Terara, Quarra, Fogera, Iman, Nile Gondar.

Bahar Dar

La ville est située dans la province du Gojam, à 500 km au nord-ouest d’Addis-Abeba. Là, se trouvent les chutes du Nil, magnifique spectacle en fin de saison des pluies (fin septembre) et le week-end (ouverture du barrage). Sur le lac Taba, vous pourrez vous rendre en bateau vers de beaux monastères, parmi les plus riches du pays, mais interdits aux femmes pour certains. Au bord du lac, se tient un pittoresque marché avec des barques en papyrus, les tankwas.

Axum et le Tigré

Axum est la capitale historique de l’Éthiopie. Elle a été prospère au début de notre ère au VIIIe siècle. Elle est restée la capitale religieuse du pays. Le site est très beau et offre un mélange d’antique (stèles, palais de la Reine de Saba, palais de Kaleb, etc.) et de religieux. Deux moyens d’y accéder : l’avion (direct d’Addis-Abeba ou via Mekele) et la route. L’accès par la route est long (il faut compter trois jours), mais magique lors de la montée (ou de la descente) des escarpements, que ce soit du Wollo au plateau abyssin ou pour monter au Siemens. De plus, cet itinéraire permet une étape à Mekele et la visite des églises creusées dans la roche du Tigré (au choix, il y en a une bonne centaine !) SI vous disposez de trois ou quatre jours à partir de Mekele ou de Hausen, nous vous recommandons les églises suivantes :
- dans le Womberta : Michaël Imba et Michaël Debre Salam,
- dans le Geralta : Korkor et Abba Daniel, Guh à l’accès difficile, Debre Tsion et Yohannès Maequdi dans un paysage d’Arizona…

Les parcs animaliers

Parc national de l’Awash (200 km d’Addis-Abeba) Sources d’eau chaude, campings et caravanes le long de la rivière Awash. On y trouve : oryx, autruches, dik-dik, Cob à croissant, lions (pour les chanceux), crocodiles.

Le Balé (500 km d’Addis-Abeba, vers le sud-est)

Dans un paysage de montagnes élevées, vous observerez des animaux endémiques : nyalas, loups du Siemens (siemens fox) et oiseaux. Vous pourrez même vous offrir le plaisir de grimper en voiture, par une bonne piste, à plus de 4 000 m d’altitude, au sommet du mont Tulu-Dentu. Prévoyez des vêtements vraiment chauds ; il peut même neiger ! Avis aux amateurs de pêche à la truite, celle-ci est maintenant possible. Pour le repos, il y a un hôtel à Goba et un lodge géré par la Wildlife à proximité du parc à Dinsho (réservations possibles depuis Addis-Abeba à l’Ethiopian Wildlife Conservation Organization). Les dernières expériences dans ce lodge ont été désastreuses : sanitaires hors d’usage, absence de couvertures, etc.

La vallée du Rift

Le long de la grande route rejoignant le Kenya, les lacs de la vallée du Rift sont une des destinations les plus courues par les résidents d’Addis-Abeba. Plusieurs lieux de villégiature :

Zewai

Un hôtel, une étape. Le lac qui est assez beau dispose de peu d’infrastructures hôtelières.

Langano

Un des rares lieux balnéaires du pays. On a le choix entre les hôtels Wabe Shebelle, Bekele Mola, Abule Bassuma Langano Tourist Lodge à la sortie du village de Bulbula, Bishangari Lodge, et le Wenney Lodge. Réservation conseillée à Addis-Abeba dans les tous les cas.

Vous y trouverez des plages, des jeux nautiques (planche, ski nautique, pêche, etc.) si vous avez le matériel.

Parc naturel des lacs Shala et Abijata

Il est possible de voir des autruches et flamants roses et des sources thermales.

Wondo Genet

Un hôtel Wabe Shebelle a été construit sur un site comprenant un pavillon de chasse du Négus (qu’il est possible de louer) et des sources d’eau chaude. Séjour calme et reposant dans les fleurs avec une vue superbe sur le lac d’Awassa.

Le lac d’Awassa

Il n’est pas possible de s’y baigner à cause de la bilharziose. Séjour calme et agréable. À voir : le marché aux poissons.

Le Sidamo

Un peu en dehors des destinations fréquentées, cette région sur la route du Kenya est superbe : montagnes vertes, forêts de genévriers. Pas d’hôtels de « grandes chaînes », mais des auberges sympathiques et très bon marché.

Le pays Borana

Encore plus au sud, entre le Sidamo et leKenya, le pays Borana ne compte que deux villes importantes : Moyale et Yabello. Les Borana sont des Oromo nomades qui vivent entre le Kenya, l’Éthiopie et la Somalie. Une chose remarquable : les puits très profonds qu’ils ont dû creuser pour s’approvisionner en eau. Le cratère de sel El-Sod mérite un détour…

Le Centre

Le centre et l’ouest du pays sont peu fréquentés, à tort dirons-nous. Il existe en effet de très beaux sites qui ne demandent qu’à être découverts. Une des destinations traditionnelles est la balade au lac Wonchi dans le Wollegua. L’itinéraire classique consiste à passer par Addis Alem où Menelik édifia une assez jolie église et un palais transformé en musée récemment détruit par un incendie. Nuit à Ambo, épicentre de ce château d’eau : trois fleuves prennent leur source dans la région : l’Awash (qui se perd vers la mer Rouge), l’Omo (qui alimente le lac Turkana) et un affluent du Nil bleu (qui comme chacun sait finit en Méditerranée). Reprenons donc, Ambo, son eau, sa piscine, ses alentours (chute de l’Awash). Le matin suivant, départ pour le Wonchi superbe lac de cratère avec des sources chaudes à proximité et retour par Ghion.

Moins connu encore, tout le pays entre Jimma et la vallée du Rift. C’est une des régions les plus riches du pays d’un point de vue archéologique. Ne pas rater entre autres le site de Melka Kunture (à 50 km d’Addis-Abeba) où des fouilles très sérieuses ont été menées par M. Chavaillon ainsi que les stèles de Tiya et de la région de Sodo.

Vallée de l’Omo

C’est une réelle expédition. Dans le sens où il faut prévoir l’itinéraire, le carburant, les provisions, le camping, les moustiques, les mouches tsé-tsé… Le trajet est long, il fait assez chaud. Les populations y sont étonnantes. Le but est de parvenir à Mago Park pour rencontrer les fameuses « femmes à plateaux » : les Mursi.

Dire-Dawa et le Harargué

Dire-Dawa

Cette ville a un passé francophone : près de 3 000 Français y résidaient jusqu’en 1974. Aussi est-ce sans doute la ville d’Éthiopie où l’on parle le plus français. L’Alliance française et le chemin de fer djibouto-éthiopien (au CDE, les cheminots parlent français) perpétuent cette tradition. La ville est reliée à Addis-Abeba par avion (vols quotidiens), par train et par la route. Le climat est de type méditerranéen chaud (et même très chaud de mai à septembre).

Harargué

L’accès à Harar se faire par Dire Dawe (Addis-Abeba/Dire Dawa en avion puis taxi collectif de Dire Dawa à Harar). C’est une des plus anciennes villes d’Éthiopie fondée au XIIe siècle par des descendants d’Arabes et de Perses. L’architecture est celle d’une cité musulmane classique. Il faut visiter, avec un guide, les maisons harrari très typiques et une très belle maison indienne improprement baptisée « maison Rimbaud » qui abrite un musée évoquant le poète ardennais. Dans les environs, il faut voir la maison d’Henri de Monfreid et les villages Argoba.


Plus d’informations (adresses, tarifs, réservations) sur le livret d’accueil disponible à la section Ethiopie.


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Sur le Web

SANTE ETHIOPIE CIMED

Le site du CIMED met en ligne une fiche santé relative à l’Ethiopie avec des conseils et le nom de médecins. Leur spécialité et les langues parlées sont précisées.

Le CIMED (Comité d’Informations Médicales) est un groupe constitué de médecins, créé en 1978, placé sous la tutelle de la Maison des Français de l’Etranger, service du Ministère des Affaires Etrangères.

METEO ADDIS-ABEBA

Service météo éthiopien

Le service national météorologique éthiopien permet d’obtenir la météo à 3 jours dans 15 villes d’Éthiopie.

La France en Ethiopie - Ambassade de France en Ethiopie

Le site de l’ambassade de France en Éthiopie propose une rubrique "informations pratiques" pour aider à l’installation des français en Éthiopie. Les conseils portent sur les thèmes suivants : Formalités d’entrée et d’installation, Services consulaires français, En cas d’urgence, Éducation, Permis de conduire, Coût de la vie, Logement, Importation d’un véhicule, Transports, Télécommunications, Accréditations des journalistes français, Emplois / Stages, Le retour en France...

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